Taïchi chuan – Les treize postures – shi san shi

 

13 posturesBien au-delà des interrogations sur ses origines, ces « Treize » ont une résonance toute particulière dans notre pratique du Taiji quan et l’usage que chacun peut en faire dans la découverte des fondamentaux et leur perfectionnement.Bien au-delà des interrogations sur ses origines, ces « Treize » ont une résonance toute particulière dans notre pratique du Taiji qtan et l’usage que chacun peut en faire dans la découverte des fondamentaux et leur perfectionnement.A la fois introduction, synthèse et conclusion, c’est une « forme » parfaite, autant scellée qu’ouverte. Chacun peut l’emplir et la peaufiner à sa façon. Archétype référent d’une progression.
De cette multitude, réunie dans l’unité d’une forme devenant contenant, résonnent peu à peu les potentiels cachés du taiji quan, du Yangjia michuan, de la magie du geste rendu conscient.

Un espace parcouru méthodiquement, lentement, en grâce et en gravité, qui révèle peu à peu un volume, sa densité et la conscience de celui qui l’investit. Un espace qui prend forme par son centre, dans le bassin, posé et mobile entre haut et bas, alternant redressement et relâchement oscillant dans l’énergie prégnante et invisible de la gravité.

Une forme unique par ses symétries qui explore l’horizon des quatre orients et leur centre. Les gestes lents de trois séquences, répétées à droite et à gauche, devant et derrière, structurant méthodiquement la compréhension du geste et de l’espace que l’on délimite, franchit , dépasse et réintègre.

Huit potentiels : l’essence du taiji, quatre directions complémentaires : droite et gauche, devant et derrière. L’espace se crée peu à peu, tout autour de soi, comme un cocon qui se tisse. Entre ciel et terre, le centre tourne, s’élève et s’abaisse, créant des spirales ascendantes et descendantes comme le sceptre du caducée. L’essence des treize postures apparait. Quelle merveille !

Trois séquences décrites dans les quatre orients et leurs diagonales entre ciel et terre. Une dernière, comme un geste de majesté, qui englobe et conclut.

La première construit l’espace en une bulle protectrice : en haut, en bas, tout autour de soi : conscience de l’espace entre chaque orient par la rotation attentive. Dans chacun des orients est créé méthodiquement sa propre sphère : quatre deviennent une. Découverte des 3 premiers potentiels dans la chanson des allégories : saisir la queue de l’oiseau – ian qiao wei et fermeture apparente – ru feng si bi . En premier peng,  l’axe centré contient et exprime. L’on pare, se protège, absorbe, délimite, repousse. Potentiel contenu en chaque autre, dans son vide et dans son plein.
Puis apparaît lu : qui tourne autour de soi et protège le centre en spirales montantes et descendantes. Découverte de la gravité et du redressement.
En troisième an : une façon de consolider par l’intérieur un espace délimité sans le dépasser.

La seconde franchit l’espace délimité, la découverte de l’inconnu qui apparaît, musique intérieure née de l’archet qui frotte la corde : aller et venir entre le bas et le haut.
La spirale encore. En premier tsai qui cueille, déracine, s’insinue et perce l’espace délimité.
Puis an, lu et peng dans une composition magistrale qui « brosse le genou » – lou xi ao bu et « joue du pipa » -­ hui pipa. Les premiers pas apparaissent : le premier avance résolument, le second pivote et recule en tournant.

La troisième perce encore l’espace, avance, puis bat en retraite dans une complémentarité qui s’accorde l’une à l’autre. L’un avance, l’autre recule et réciproquement : l’apprentissage de l’accord dans une danse martiale entre conquérir et battre en retraite. Les huit portes et techniques – ba fa, s’accordent et se complètent à l’unisson.
En premier tsai encore, qui ponctue les rotations.
Puis lié qui déstructure et brise, et dzo ­kao qui s’avancent en duo, à la conquête, brisent et bousculent. Leurs alter égos peng, lu, an qui contiennent et battent en retraite ingénieusement, par deux fois, en pas sinueux, devant l’invasion.
Enfin dji qui conclut et scelle, conjuguant les qualités de peng et an .

La dernière embrasse le tigre et le re-conduit à la montagne bao hu gui shan ! Elle retourne à l’origine comme le livre que l’on referme pour se retrouver soi-même. Dans un tout qui unit l’intérieur et l’extérieur, l’espace délimité se libère. Apparaît wuji,  la plénitude sereine.
La perle des perles !

Treize portes ouvertes l’une après l’autre, dans les orients de l’espace. Peut-être n’allez-vous plus les parcourir comme avant …